Les nouveaux droits de douane viseraient environ 5 % des exportations canadiennes

Les nouveaux droits de douane viseraient environ 5 % des exportations canadiennes

Les dernières mesures tarifaires du président américain Donald Trump ont un impact plus limité sur l’économie canadienne que ce que l’on craignait initialement, indiquent mardi certains économistes.



Lundi, Donald Trump a signé une série de décrets visant à imposer des droits de douane de 50 % sur toute une gamme de produits, notamment le miel, les spiritueux, le ciment et les bâtons de hockey.



Aucune exemption ne serait accordée aux produits conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui a servi de bouclier aux exportateurs canadiens lors des précédentes vagues de droits de douane.



L’énergie, la potasse, les minéraux critiques, le poisson et les produits déjà visés par les droits de douane américains au titre de l’article 232 ne sont pas concernés par ces nouvelles mesures.



Plusieurs économistes estiment que ces nouveaux droits de douane toucheront environ 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis.



Certains produits ciblés



Robert Kavcic, économiste principal à la Banque de Montréal, indique dans une note adressée à ses clients que les droits de douane proposés concerneraient environ 28 milliards $ d’exportations canadiennes annuelles vers les États-Unis. Cela représente 0,8 % de l’économie canadienne, précise-t-il.



M. Kavcic ajoute qu’il semble que les produits chimiques, les plastiques, l’électronique et les équipements industriels soient les principales cibles de ces nouveaux droits de douane, suivis par les biens de consommation et les produits forestiers. Les machines de fabrication diverses ainsi que les produits agricoles ou alimentaires complètent la liste.



Le taux tarifaire effectif actuel du Canada aux États-Unis — qui mesure le niveau moyen des droits de douane sur l’ensemble des exportations canadiennes — augmenterait probablement d’environ 2,5 points de pourcentage si ces nouveaux droits de douane entraient en vigueur, spécifie M. Kavcic.



Selon ce calcul, les nouveaux droits de douane porteraient le taux effectif du Canada à 7,5 points de pourcentage au-dessus du niveau d’avant la guerre commerciale, qui était proche de zéro pour la plupart des marchandises.



M. Kavcic soutient que ce chiffre est supportable pour l’économie dans son ensemble, mais que certaines entreprises et certains secteurs spécifiques seraient «extrêmement durement touchés» si les droits de douane entraient en vigueur comme prévu le 19 août.



«Et si le bouclier offert par l’ACEUM venait effectivement à être brisé, cela porterait un coup supplémentaire grave à la confiance des entreprises», dit-il.



Manufacturiers et Exportateurs du Québec déplore l’imposition de nouveaux droits de douane, qui représentent un risque important pour la compétitivité et les perspectives de croissance de plusieurs entreprises québécoises implantées sur le marché américain. 



«Sans prévisibilité, tout investissement pour innover et créer de la richesse devient incertain. Il faut protéger notre base industrielle et éviter des mesures qui affaibliraient l’ensemble de l’économie nord-américaine», indique Francis Prévost, directeur des affaires publiques et gouvernementales de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.



Un délai de 30 jours



Le délai de 30 jours avant la mise en œuvre laisse le temps d’apaiser les tensions et d’intenter des recours juridiques, estime M. Kavcic.



Benjamin Tal, économiste en chef adjoint de la Banque CIBC, mentionne également dans une note qu’il considère ces nouveaux droits de douane comme un enjeu sectoriel pour l’économie, et non comme une menace généralisée.



«Le moment choisi est également significatif, et il est probable que ces droits de douane serviront de levier supplémentaire lors des prochaines négociations de l’ACEUM», écrit M. Tal.



L’administration Trump a invoqué le régime de gestion de l’offre du secteur laitier canadien, les interdictions provinciales sur les alcools américains et les quotas imposés au secteur automobile américain pour justifier ces nouveaux droits de douane.

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