L’UPA Centre-du-Québec fait connaitre ses priorités au gouvernement péquiste

L’UPA Centre-du-Québec fait connaitre ses priorités au gouvernement péquiste

En marge de son assemblée générale annuelle, la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec interpelle le nouveau gouvernement, concernant quatre enjeux qu’elle juge prioritaires pour la région.



L’organisation réclame des actions concrètes dans les 100 premiers jours concernant les budgets alloués à l’agriculture, dont la relève, la protection du territoire, la réduction significative de la bureaucratie au sein du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), ainsi que des programmes adaptés pour les fermes de proximité.



Ces revendications permettraient d’assurer la viabilité des entreprises, à pérenniser l’avenir de l’industrie et mettre de l’avant-plan l’importance des fermes au sein des communautés.



Le président général de l’UPA, Martin Caron, qui était présent, a rappelé que la récente campagne électorale a permis d’insister sur les enjeux agricoles et forestiers les plus pressants, à commencer par un soutien à la hauteur des besoins, une adhésion indéfectible à la protection du territoire et des activités agricoles, ainsi qu’un environnement axé sur la compétitivité.




« Notre message à toutes les formations politiques était sans équivoque : l’agriculture et la foresterie sont des actifs stratégiques qui façonnent le visage de nos régions sur les plans géographique, communautaire et économique. Leur pérennité est essentielle à l’autonomie et à la sécurité alimentaire des Québécoises et Québécois. Les décisions du nouveau gouvernement doivent permettre de consolider rapidement cette contribution inestimable tout en ouvrant la voie à l’atteinte de notre plein potentiel agroalimentaire sur tous les marchés », a déclaré M. Caron.




Hausse du budget alloué à l’agriculture



L’UPA régionale réitère que les gouvernements à travers le monde consacrent en moyenne 2 % de leurs dépenses à l’agriculture, alors que le soutien québécois ne touche pas 1 %, soit environ 1,5 G$ sur un budget de 170,8 G$.



Le revenu net de l’industrie est passé de 1,2 G$ en 2021 à seulement 154,9 M$ en 2025, une diminution illustrant la fragilité grandissante du secteur. En parallèle, la dette du milieu a atteint un sommet historique de 34,2 G$ en 2025.




« Cette combinaison fragilise la capacité des productrices et producteurs à investir, à maintenir la viabilité de leurs entreprises », estime la fédération dans un communiqué.




De plus, près de 40 % des productrices et producteurs agricoles québécois sont âgés de plus de 55 ans et 78 % des entreprises agricoles de la province n’ont pas de plan de relève. Il serait donc vital que le nouveau gouvernement intervienne, et ce, rapidement, afin d’assurer la pérennité des fermes, et ainsi, d’un secteur économique névralgique pour plusieurs régions.



Protection du territoire



Au Québec, seulement 2 % du territoire est composé de sols de bonne qualité pour l’agriculture. La province a perdu plus de 17 200 hectares de terres ces dix dernières années, selon les données de la Commission de la protection du territoire agricole. C’est l’équivalent de 21 000 terrains de football.



Chaque année, certaines superficies sont converties au profit de l’étalement urbain, de projets industriels ou de la spéculation. Leur protection doit être une priorité dans l’ensemble des politiques publiques du gouvernement selon l’UPA.



Plus de flexibilité du ministère de l’Environnement



Le syndicat fait valoir que la lourdeur administrative et réglementaire imposée aux entreprises agricoles par le MELCCFP freine leur développement, fragilise leur capacité à investir et peut compromettre leur avenir.



Pour plusieurs entreprises du milieu, cela signifie moins de temps dans leurs champs et plus de coûts à absorber. La demande du secteur est connue.




« Laissez les productrices et producteurs exercer leur profession, ce pour quoi elles et ils sont formés, soit de nourrir la population. »




La Fédération suit de près plusieurs dossiers dans lesquels l’incohérence du MELCCFP nuit au développement agricole, notamment le cas de la Ferme Valeyre, où le producteur ne peut pas reconstruire après un sinistre parce qu’il est paralysé par un processus administratif.



Des programmes mieux adaptés aux fermes de proximité



Près de 45 % des entreprises agricoles du Centre-du-Québec sont des fermes de proximité.



C’est pourquoi l’UPA estime que les nouveaux élus doivent sensibiliser les ministères, les institutions financières et les organismes qui accompagnent les productrices et producteurs à la diversité des modèles agricoles.



Cette meilleure compréhension doit se traduire par des programmes, des critères et des modalités d’accompagnement adaptés à leur réalité, selon elle.




« Il s’agit de quatre enjeux sur lesquels le nouveau gouvernement peut dès maintenant mettre en place des solutions qui auront des impacts majeurs pour le milieu agricole. Ces demandes sont connues par les décideurs. Nous avons eu de bonnes conversations avec les candidats lors de la période électorale à ce propos. Il est maintenant temps de passer à l’action. », a conclu Mme Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec.

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