Travailleurs étrangers temporaires : cri du cœur de la Chambre de commerce de Drummond

Travailleurs étrangers temporaires : cri du cœur de la Chambre de commerce de Drummond

Au tour de la Chambre de commerce et d’industrie de Drummond, appuyée par une vingtaine d’entreprises manufacturières et de partenaires économiques du Centre-du-Québec, à dénoncer les mesures encadrant le Programme fédéral des travailleurs étrangers temporaires (PTET).



Ils demandent à Ottawa de :




Retirer la règle de refus de traitement liée au taux de chômage pour les Régions métropolitaines de recensement (RMR) en région, notamment pour les travailleurs déjà établis;



Reconnaitre officiellement le secteur manufacturier comme secteur prioritaire dans l’application des PTET, au même titre que la santé, l’agriculture et l’éducation;



Rétablir immédiatement une durée minimale de 24 mois pour les permis de travail du volet bas salaire;



Mettre en place une voie prioritaire pour le renouvellement des permis des travailleurs qualifiés déjà formés intégrés dans les entreprises



Assurer une prévisibilité accrue des programmes afin de permettre aux entreprises de planifier leurs opérations à moyen terme.




Le taux de chômage actuellement attribué à la région se situe à 7,3%, soit au-dessus du seuil critique de 6% déclenchant un blocage des nouvelles demandes et des renouvellements de permis. Il serait cependant de 4,3% pour toute la région du Centre-du-Québec.



Les employeurs devront se départir de nombreux travailleurs déjà présents, entrainant des pertes pouvant atteindre plus de 120 000 $ par tête lorsqu’on considère les coûts de recrutement, de formation, de relocalisation et la perte de productivité.



Depuis que le statut de Région métropolitaine de recensement a été décerné à Drummond, même les municipalités avoisinantes comme Notre-Dame-du-Bon-Conseil doivent se conformer à cette norme, contrairement à des villes telles que Sainte-Clothilde-de-Horton ou Saint-Léonard-d’Aston établies tout près.



Dans les dernières années, la Chambre de commerce de Drummond se faisait porte-parole des actions effectués sur le terrain par leur Fédération. Cependant, un comité consultatif de travail a été créé en janvier, composé notamment de Airex, Canimex, Cascades, Matritech, Metalus, Sixpro, Vaillancourt Portes et fenêtres et Drummond économiques, pour intervenir sur la réalité locale.



Le principe de RMR est au cœur de l’enjeu, comme l’explique la directrice générale de la CCID, Alexandra Houle.







Alexandra Houle, directrice générale de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Drummond



Le groupe fait valoir que les mesures appliquées de manière uniforme pour l’ensemble du Canada ne tiennent pas compte des besoins spécifiques et des réalités économiques des régions.



Quelque 70% des entreprises québécoises sont affectés par la pénurie de main-d’œuvre, limitant leur capacité à maintenir leurs opérations et à soutenir leur croissance. Plus de 60% de celles ayant recours aux travailleurs étrangers temporaires rapportent devoir refuser des contrats, ralentir leurs activités ou retarder des projets d’expansion en raison des restrictions actuelles.



Cette annonce a été faite en conférence chez Airex, sur la rue Kunz. Rencontré sur place, le directeur de l’usine, Régis Ollivier, explique qu’il n’y a pas plus de personnes qui postulent sur des postes spécifiques, comme la soudure, même si le taux de chômage augmente.



Il a présentement une dizaine de travailleurs étrangers temporaires dans son établissement, représentant 60% de ses effectifs de soudure.



Il pourrait y avoir des conséquences pour son équipe lors de la prochaine mise à jour du taux de chômage le 9 juillet.







Régis Ollivier, directeur d’usine chez Airex



C’est une situation qui touche particulièrement Ollivier, aujourd’hui citoyen canadien, car il est lui-même issu du même processus, ayant d’abord obtenu des permis de travail fermés.



Il explique qu’en plus des renouvellements, s’il y a une rupture de contrat avec un employeur, les délais pour trouver un autre poste sont aussi longs en sol canadien que de recommencer le processus du début, avant d’embarquer dans l’avion.







Régis Ollivier, directeur d’usine chez Airex

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